ile-reunion.org · Les problématiques de l'IA à La Réunion · 5/8
L'environnement face à l'IA
Derrière le nuage, des centrales, des litres d'eau et des tonnes de métaux :
le coût bien réel de l'intelligence artificielle — et ce qu'il signifie pour une île.
448 TWh en 2024×2 d'ici 2030l'IA : 20 % → 40 % des data centers
1. L'addition en chiffres (ONU, juin 2026)
448 TWhélectricité des data centers en 2024 (top 10 mondial)
208 Mtde CO2, comme l'Argentine
4 500 Mds Ld'eau consommée en 2024
935 TWhprévus en 2030 (~3 % mondial, 6e rang)
Poste
2024-2025
2030
Source
Électricité data centers
448 TWh (1,5 % mondial)
935-945 TWh (~3 %)
UNU / Autorité de la concurrence
Part de l'IA
~20 %
~40 %
UNU 2026
CO2
208 Mt (= Argentine) ; IA seule 33-80 Mt
~440 Mt
UNU / PMC 2026
Eau
4 500 Mds L ; France : 0,6 Mm³ en 2023 (+19 %)
731-1 125 Mm³/an rien qu'aux USA (Cornell)
UNU / ARCEP / Cornell
France
~10 TWh (début 2020)
19-28 TWh en 2035 (~4 % national)
Autorité de la concurrence
« On ne voit pas de fumée sortir de nos téléphones. Mais quelque part, quelqu'un la subit. »
— Kaveh Madani, Université des Nations unies (AP, 06/2026)
Le paradoxe : l'IA consomme des TWh, mais peut aussi optimiser
les réseaux et les renouvelables — à condition de mesurer (photo Unsplash).
2. Vidéo ARTE : data centers vs climat ?
3. Énergie, eau, métaux : le triptyque
Énergie : 90 % de la conso IA vient de l'usage (requêtes), pas de l'entraînement
(GPT-3 : 1,3 GWh ; versions suivantes : 50-70 GWh). Être concis et moins « poli » réduit vraiment.
Eau : refroidissement + production d'électricité ; +17 % (2022) puis +19 % (2023)
en France. Des clusters en zones arides (Nevada, Arizona) aggravent tout.
Métaux, foncier, déchets : puces, câbles, groupes froids ; durée de vie des équipements
et DEEE — l'empreinte « embodied » ≈ 23 % pour le numérique en général.
Décarboner d'abord. L'implantation près d'électricité propre change
tout : éolien/solaire plutôt que charbon/gaz (photo Unsplash).
4. Et à La Réunion ?
Mix isolé : réseau insulaire non interconnecté, pointes climatisation ; chaque MWh
compte double par rapport au continent.
Eau précieuse : ressource sous tension en saison sèche ; un refroidissement sobre s'impose.
Chaleur : climatiser les salles serveurs sous les tropiques coûte plus cher qu'en zone tempérée.
Vigilance locale : tout projet d'infrastructure IA sur l'île devrait publier
son PUE (efficacité énergétique), sa consommation d'eau et son plan de fin de vie du matériel.
5. Réduire : la feuille de route (Cornell, Nature Sustainability)
–73 % de CO2 et –86 % d'eau possibles en combinant : implantation (zones à faible stress
hydrique, réseaux décarbonés : –52 % d'eau à elle seule), décarbonation des réseaux,
efficacité opérationnelle. Pas de solution miracle seule — mais le trio fonctionne.
Ordres de grandeur utiles : +11 Mt de CO2 résiduel aux USA même en scénario
vert = 28 GW d'éolien ou 43 GW de solaire pour compenser. D'où l'enjeu de ne déployer que
l'IA vraiment utile.
6. Agir à son échelle
Questionner le besoin avant chaque usage (la meilleure requête est celle qu'on ne fait pas deux fois).
Allonger la vie des équipements : réparer, reconditionné, trier les DEEE.
Refroidir malin : à La Réunion, free-cooling nocturne et ombrage valent de l'or.
Exiger la transparence des fournisseurs (PUE, eau, carbone).